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01 - Le Journal de l'Emploi

GEIQ : 40 propositions pour transformer l’accès à l’emploi !

GEIQ : 40 propositions pour changer l'insertion professionnelle

Alors que les entreprises rencontrent toujours des difficultés de recrutement et que de nombreuses personnes restent éloignées du marché du travail, les GEIQ souhaitent faire évoluer les politiques publiques de l’emploi et de la formation. Invité du Journal de l’emploi, Francis Levy, délégué général de la Fédération française des GEIQ, présente un plaidoyer de 40 propositions destiné aux futurs responsables politiques. Objectif : faire de l’entreprise un véritable acteur de l’insertion professionnelle et mieux accompagner les parcours vers l’emploi.

Les GEIQ, un réseau au service de l’insertion professionnelle

Les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) reposent sur un modèle particulier : des entreprises se regroupent au sein d’associations qu’elles créent et administrent pour recruter des personnes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi. Ces dernières bénéficient d’un accompagnement et d’une formation en alternance avant d’être progressivement intégrées dans le monde professionnel.

Aujourd’hui, la France compte 208 GEIQ, qui rassemblent environ 9 000 entreprises et recrutent près de 10 000 personnes chaque année. Un réseau qui entend désormais peser davantage dans le débat public.

Pour Francis Levy, le contexte des prochaines élections présidentielles et législatives constitue une occasion de remettre sur la table des propositions portées depuis plusieurs années. Élaboré collectivement avec les structures adhérentes, ce plaidoyer rassemble 40 mesures pour mieux former, mieux embaucher et mieux intégrer.

Faire des entreprises des actrices de l’insertion professionnelle

Première priorité du plaidoyer : mieux reconnaître les entreprises qui s’engagent dans l’inclusion. Recruter une personne éloignée de l’emploi, accompagner un jeune sans expérience ou donner une nouvelle chance à un demandeur d’emploi de longue durée représente un véritable investissement pour les employeurs.

La Fédération française des GEIQ souhaite donc encourager ces pratiques. Parmi les pistes avancées figure la création d’un label « entreprise inclusive », qui pourrait être associé à un avantage fiscal.

Francis Levy défend également une fiscalité incitative plutôt qu’une politique reposant principalement sur la contrainte. Les entreprises qui participent à l’insertion devraient pouvoir bénéficier d’une reconnaissance concrète de leurs engagements. Un accompagnement spécifique serait aussi nécessaire, notamment pour les PME qui ne disposent pas toujours des ressources pour développer ces pratiques.

Le contrat de professionnalisation, un outil à revaloriser

Autre proposition importante : redonner toute sa place au contrat de professionnalisation dans les politiques publiques de l’alternance.

Pour Francis Levy, ce dispositif reste insuffisamment considéré face au contrat d’apprentissage. Pourtant, il répond à des besoins différents et complémentaires. Plus souple, il s’adresse à tous les âges et permet notamment d’accéder à des certifications professionnelles directement liées aux besoins des entreprises.

Il constitue également une solution pour les jeunes qui ne souhaitent pas nécessairement suivre un parcours diplômant classique ou pour les adultes engagés dans une reconversion professionnelle.

La Fédération demande ainsi que le contrat de professionnalisation bénéficie d’un niveau de soutien comparable à celui de l’apprentissage, à situation équivalente.

Apprendre aussi directement dans l’entreprise

Le plaidoyer défend également le développement de la formation en situation de travail. Pour les GEIQ, les compétences ne s’acquièrent pas uniquement dans une salle de formation. L’activité professionnelle constitue elle-même un espace d’apprentissage qu’il faut mieux structurer et reconnaître.

La Fédération souhaite donc faciliter le financement et les démarches administratives liées aux actions de formation en situation de travail et à la validation des acquis de l’expérience (VAE).

L’enjeu est de mieux articuler enseignements théoriques et apprentissages pratiques, tout en proposant des parcours efficaces et adaptés aux réalités des entreprises.

Des clauses sociales davantage orientées vers l’emploi

Autre axe du plaidoyer : faire des clauses sociales un véritable levier d’insertion. Déjà présentes dans certains secteurs comme le bâtiment, la propreté ou le paysage, elles pourraient être étendues à davantage d’achats publics.

Francis Levy propose également de ne plus se limiter au décompte des heures réalisées dans le cadre de ces clauses. Leur efficacité devrait être évaluée à partir des parcours et surtout des résultats obtenus : qualification et accès durable à l’emploi.

La Fédération souhaite par ailleurs simplifier les démarches administratives des salariés étrangers, notamment pour le renouvellement des titres de séjour et les autorisations de travail. Les délais peuvent provoquer des interruptions de contrats et fragiliser des parcours pourtant bien engagés.

Donner de la stabilité aux politiques de l’emploi

Enfin, Francis Levy insiste sur la nécessité de stabiliser les dispositifs publics. Selon lui, les changements trop fréquents de règles et les objectifs exclusivement quantitatifs peuvent déstabiliser les acteurs de la formation et de l’insertion.

Les GEIQ défendent une approche davantage fondée sur les résultats, laissant aux professionnels la possibilité de choisir les outils les plus adaptés à chaque personne et à chaque entreprise.

Le territoire doit également devenir l’échelle privilégiée de l’action. C’est là que se rencontrent les entreprises, les salariés et les structures d’accompagnement.

Avec ce plaidoyer de 40 propositions, la Fédération française des GEIQ entend interpeller les candidats à la présidentielle, mais aussi les futurs parlementaires. Une ambition : construire des politiques de formation et d’insertion plus stables, plus efficaces et mieux adaptées aux besoins du terrain.

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