Comment aider des jeunes sans projet clair à trouver leur place dans le monde du travail ? Dans cet épisode du Journal de l’Emploi, deux acteurs de terrain apportent des éléments de réponse. Hervé Coué, directeur de l’École de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis, et Claire Chadourne, directrice RSE Europe Med chez Digital Realty, reviennent sur un partenariat qui vise à rapprocher formation et besoins concrets des entreprises.
Le dispositif repose sur un rythme structuré. Les jeunes alternent périodes en centre de formation et immersions en entreprise. Comme le précise Hervé Coué, ils arrivent souvent sans idée précise de métier. Le parcours sert donc à explorer, tester et construire progressivement un projet professionnel.
Cette approche passe par une exposition directe au terrain. Les immersions permettent de découvrir différents secteurs et d’observer les réalités du travail. Ainsi, l’objectif reste d’aboutir à une insertion durable, que ce soit par l’emploi ou une formation qualifiante.
Des métiers méconnus mais accessibles
Dans ce cadre, le partenariat avec Digital Realty ouvre l’accès à un secteur encore peu identifié : les data centers. Ces infrastructures, essentielles au fonctionnement du numérique, regroupent des métiers variés. Contrairement à certaines idées reçues, ils ne concernent pas uniquement des profils très qualifiés.
Les activités couvrent notamment la maintenance, la gestion des équipements techniques ou la sécurité des sites. Ces fonctions correspondent à des besoins réels de recrutement, dans un contexte de forte croissance du secteur.
Digital Realty s’inscrit dans une logique de développement territorial. L’entreprise est implantée notamment en Seine-Saint-Denis, à proximité directe des publics accompagnés. Elle compte plus de 300 data centers dans le monde et participe au développement de hubs numériques en Île-de-France et à Marseille. Ce positionnement explique la mise en place de partenariats locaux, avec l’objectif de créer des passerelles vers l’emploi dans des zones à forts enjeux sociaux.
L’immersion joue ici un rôle central. Les jeunes visitent les sites, échangent avec des professionnels et découvrent des parcours concrets. Certains choisissent ensuite de s’orienter vers ces métiers. D’autres affinent leur projet en confrontant leurs représentations à la réalité.
Ce lien direct entre formation et entreprise crée une dynamique particulière. D’un côté, les entreprises cherchent à faire connaître leurs métiers. De l’autre, les jeunes accèdent à des opportunités qu’ils n’avaient pas identifiées.
Les Écoles de la deuxième chance s’adressent à des jeunes de 16 à 30 ans, souvent sans diplôme ni qualification. Elles proposent un accompagnement individualisé, combinant formation et immersion professionnelle. Chaque parcours est construit pour favoriser une insertion durable, soit par l’accès à l’emploi, soit par une formation certifiante. Ce modèle repose sur une approche progressive, centrée sur le potentiel des jeunes et leur capacité à construire un projet professionnel.










