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Emplois aidés: la suppression des contrats saigne les communes

Emplois aidés: la suppression des contrats saigne les communes

Emplois aidés, ce terme résonne depuis plusieurs jours dans les collectivités territoriales et associations. Pourquoi ? Car ces derniers vont être supprimés par le gouvernement. Une position qui handicape grandement les communes. C’est le cas à Malakoff dans les Hauts-de-Seine. Jacqueline Belhomme, la maire de la ville a d’ailleurs écrit une lettre à Edouard Philippe, le Premier ministre, concernant cette mesure qualifiée comme contraire au développement de la démocratie.

« L’argument choisi montre une méconnaissance des acteurs de notre pays et une hypocrisie certaine », argumente la maire de Malakoff. La raison de cette missive est notamment liée à la dépendance des communes et des territoires de ces emplois aidés. « Un des objectifs des contrats aidés était d’aider des jeunes ou des personnes en difficulté à retrouver un emploi, mais il n’était pas le seul », poursuit la maire. En effet, outre le message négatif qui est envoyé à une jeunesse mise à l’écart de la société et de l’emploi, c’est aussi un handicap pour les associations.

Un plan social national qui touche 159 000 emplois

Les contrats aidés sont des contrats de travail pour lesquels l’employeur reçoit une aide financière de l’Etat. Une aide qui réduit le coût d’un employé pour l’employeur social ou associatif. « Ils ont été proposés aux associations comme une subvention indirecte, permettant à l’Etat de supprimer ou diminuer dans le même temps, les aides directes. A l’heure actuelle, aucune compensation financière n’a été évoquée pour faire face à ces suppressions », indique la maire de Malakoff.

Résultat ? Un large plan social à l’échelle nationale. Selon l’Etat, les suppressions seraient assimilées à des raisons budgétaires. Si bien que pour l’année 2017, l’enveloppe de contrats aidés est des 300 000 contrats, contre 459 000 en 2016 selon Le Monde. Soit une fin de contrat précipité pour 159 000 personnes en France. Avec 35 285 communes en France Métropolitaine, ce sont 4,5 contrats aidés en moins par ville.

Détruire le tissu associatif des communes et leur activité

Outre le fait que plus de 150 000 personnes ont découvert par voie de presse la fin ou la mise en danger de leur contrat, le risque est de se confronter à la disparition de certains tissus associatifs qui ont une nécessité vitale à embaucher ces contrats aidés. Ainsi l’association Musiques tangentes basée à Malakoff pourrait fermer et à terme, faire perdre 35 emplois si rien n’est fait.

Les associations sont avant tout des acteurs économiques et sociaux locaux qui génèrent non seulement des emplois mais aussi de l’activité dans les communes limitrophes de Paris.

Augmenter la masse salariale ou ne pas renouveler les contrats

Peut-on faire signer ces contrats sans l’aide fournie par l’Etat ? La masse salariale deviendrait trop importante pour les communes et les associations qui ont déjà vu leur subventions diminuer avec l’instauration de ces contrats. Autrement dit, la survie de certains secteurs est donc en jeu. D’autant que Jacqueline Belhomme insiste sur l’importance de garder ces contrats en dehors du secteur marchand. Selon la fondation Ifrap, en France, le secteur marchand ne représentait que 29% de la population active en 2009.

Supprimer des emplois aidés dans les mairies revient à baisser les effectifs ou à augmenter la masse salariale. Une chose que les petites et moyennes communes ne peuvent décemment pas faire. 67 000 euros de frais supplémentaires annuel pour la maire de Valorbiquet dans le Calvados, Christelle Bacq-de-Paepe, qui témoigne de la difficulté rencontrée par sa commune dans les colonnes de Libération.

Une augmentation de 10% de la masse salariale qui touche aussi Christophe Dietrich, maire de Laigneville dans l’Oise. Ce dernier a d’ailleurs poussé une soufflante à l’encontre des députés de la République En Marche sur les antennes de RMC. « Il faut comprendre que les décisions prises à Paris nous impactent directement. Elles sont faites dans une attitude de lâcheté totale, sans connaissance du terrain ».

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