Et si nos bâtiments n’étaient plus adaptés au climat qui se dessine ? Dans cette édition spéciale du Journal des salons au Salon de l’immobilier bas carbone nous reçevons Laurence Desmazières. Managing Partner chez ICAWOOD et associée chez WO2, elle partage sa vision d’un immobilier capable de répondre à l’urgence climatique. Son constat est clair : il ne suffit plus de réduire les émissions des bâtiments. Il faut aussi les rendre capables de résister aux nouvelles conditions climatiques.
Canicule 2026 un révélateur !
Les épisodes de chaleur deviennent plus longs, plus fréquents et plus intenses. Face à ce contexte, Laurence Desmazières estime nécessaire de repenser en profondeur la conception des bâtiments. Mais également et plus largement, il faut repenser la ville.
La végétalisation apparaît comme un levier pour lutter contre les îlots de chaleur urbains notamment dans les environnements très minéralisés. En effet, les bâtiments et les surfaces bétonnées accumulent la chaleur pendant la journée. Et malheureusement, ils la restituent la nuit, empêchant les températures intérieures de redescendre.
L’enjeu est donc désormais de concevoir des bâtiments qui restent confortables même lorsque les températures extérieures atteignent des niveaux extrêmes.
Immobilier bas carbone, une belle solution le Bois
Parmi les solutions défendues par Laurence Desmazières : le bois. Ce matériau présente notamment une faible inertie thermique ! Ce qui permet aux bâtiments de monter et de redescendre plus rapidement en température.
Cette approche est notamment mise en œuvre dans des projets portés par W2, dont l’Arboretum à Nanterre, un campus construit en bois et équipé d’une boucle de géothermie. Une solution qui permet de produire du froid à partir de la chaleur stockée dans le sous-sol, avec une énergie pilotable et décarbonée.
Autre réalisation évoquée : un projet de surélévation en bois dans le 18e arrondissement de Paris, réalisé au-dessus d’une ancienne halle ferroviaire. Une illustration de cette logique consistant à transformer l’existant plutôt qu’à repartir de zéro.
Immobilier Bas Carbone le nécessaire investissement
Pour Laurence Desmazières, le secteur immobilier a désormais dépassé le stade de la prise de conscience. L’urgence consiste à passer à l’action.
La décarbonation ne doit plus être considérée comme une simple contrainte réglementaire ou comme un coût supplémentaire. Elle doit devenir un investissement, susceptible de produire des bénéfices à long terme.
Mais pour accélérer cette transformation, la filière doit également lever certains freins administratifs et simplifier les démarches liées aux opérations de construction et de rénovation.
ICAWOOD se veut acteur du bas carbone
Avec 750 millions d’euros de fonds propres consacrés au développement et à la restructuration d’immobilier bas carbone à Paris et en Île-de-France, ICAWOOD entend contribuer à cette transformation.
Pour Laurence Desmazières, l’avenir passe par une approche globale : bâtiments bas carbone, matériaux adaptés, végétalisation, énergies renouvelables et nouveaux modèles économiques.
Car face au changement climatique, le défi n’est plus seulement de construire moins carboné. Il est désormais de construire des bâtiments capables de rester habitables, performants et résilients dans le climat de demain.
Le Salon du SIBCA
Le SIBCA, Salon de l’Immobilier Bas Carbone, est co-organisé par l’Association BBCA. C’est le rendez-vous incontournable pour les professionnels du secteur. Véritable vitrine de l’innovation, il rassemble chaque année les principaux acteurs engagés dans la transition écologique. On y rencontre les promoteurs, les collectivités, les investisseurs, les architectes etles industriels. Le salon met en avant les bonnes pratiques, les solutions concrètes et les nouveaux modèles de développement immobilier. Avec pour objectif de construire la ville de demain de manière durable et responsable.










